Consomm_aveugle_Thumb.gif (7981 bytes) Consommaction : que faire pour changer le monde ?

Puisque seuls les grands actionnaires ont l’oreille des gouvernants, il faut désormais assumer nos responsabilités d’une façon plus active afin de forcer ces acteurs, gouvernants et multinationales, à intégrer le facteur humain dans leurs équations.

Parce qu’après tout, le marché… c’est nous.

ÉtiquetteExploitation Acheter les yeux ouverts
Renseignez-vous, ça ne coûte rien. Avant d’acheter un produit ou un service, demandez-vous où va vraiment votre argent? Est-ce fabriqué au Canada? Près de chez vous? Payez-vous pour le nom ou une " griffe " prestigieuse alors que le bien a été fabriqué dans un pays où la main d’œuvre est sous-payée?

Si le produit est fabriqué dans un pays en voie de développement (PVD), demandez à la vendeuse / gérante si elle connaît les conditions de fabrication. Généralement, le personnel du magasin ignore, mais en posant la question vous avez conscientisé quelqu’un. Quels que soient nos moyens financiers, nous pouvons agir. Le boycott et buy-cott sont des armes puissantes. Collectif de l'Éthique sur l'étiquette

Boutiques vs grandes surface 

Acheter au boucher du coin, au légumier ou à la petite boutique accessible à pied de chez vous vous semblera plus cher, mais en dépensant localement, vous favorisez la création et le maintien d’emplois près de chez vous, et votre propre qualité de vie. Un magasin-entrepôt à grande surface (MEGS) offre certes plus de choix, mais la qualité et la provenance des biens reste nébuleuse. (En plus, il faut dépenser de l’essence pour y aller.) Le plus bas prix étant recherché par catégorie de biens, ils seront souvent fabriqués dans les PVD.

Idem pour les restaurants, délaissez les grandes chaînes fast-food.

Faites circuler l’information

Que ce soit la mondialisation commerciale ou un attentat terroriste, les médias de masse maintiennent le lecteur dans un état de dépendance, incapable de changer le statu quo. Les stratégies varient selon la ligne éditoriale. On utilise le sang, la guerre (comme c’est triste! mais vous n’y pouvez rien, lecteurs…) le scandale (lecteurs, soyez aux premières loges pour assister aux malheurs des riches!), dans d’autres, la nouvelle cocasse, absurde, ou inutile.

On prend soin de ménager une soupape de sureté, un courrier des lecteur où les idées extrêmes s’affrontent, des colonnes d’opinion où des forts en gueule fustigent le peuple. Si un ou deux reportages "objectifs"1 font semblant de s’intéresser aux arguments des opposants, la masse critique penche toujours vers le statu quo. Les grands médias étant aux mains de quelques actionnaires, il ne peut en etre autrement.

L’information est une arme. Servez-vous-en, mais proprement. Les journaux de quartier, les fanzines, le réseautage amical.

Le bouche à oreille, le téléphone, l’Internet. Parlez aux gens. Composez-vous un réseau de contacts.

Bulletin le Grain de sable

Centre des médias alternatifs (choix du français, anglais et espagnol)

 

made-in-hell.gif (5134 bytes)Aller derrière l'étiquette   Souvent, dans les chaînes de magasins et les MEGS, il y a des cartes pour les commentaires des clients. Servez-vous en. Écrire coûte moins cher que téléphoner, en plus de laisser une preuve de votre démarche.

Vous n'avez sur l'étiquette qu'un numéro de compagnie CA XXXXX ? Pour connaître les règles d'Étiquetage, visitez le site Guide de l'étiquette "Made in Canada" et pour obtenir l'adresse complète de la compagnie, inscrivez les chiffres sur la base de données du Bureau de la Compétition du gouvernement du Canada:

Composez-vous une lettre-type pour chaque classes de services (alimentation, vêtements, électronique…) Toujours rester très poli : vous êtes un client qui veut savoir. Voici ma lettre type pour l’industrie du vêtement.

COMPANY NAME
Customer Services
(address)

Dear madam/Sir

I saw a very fine (COMPANY NAME) suit this year at a large department store. I noticed that those garments were made in an Asian developing country.

I am concerned about the relocation of garment factories in Third-world countries, where the current salaries are much lower than in Canada (or USA). I was shocked about some garment companies subcontracting to shops where there is no control of the working conditions & salaries of the (mostly) women and young girls employed. I heard reports of abuse and extra-long hours for extra-small wages, from which the managers often deduct lodging/meals costs, leaving the women with almost nothing to show for their work.

I hope that (COMPANY NAME) is not one of those companies. So, to alleviate my concerns, I would like to obtain from your head office:

  • The (COMPANY NAME) general policy about subcontracting in the world (or at least a good abstract of it) ;
  • The Code of conduct ("Ethic code") of (COMPANY NAME) concerning the overall working conditions (hours, living wage, hygiene, social rights...) allowed in any factory producing (COMPANY NAME) garments ;
  • An enunciate of the independently controlled monitoring system (COMPANY NAME) uses to enforce its code and to ensure compliance of the subcontracting factories ;
  • The list of your products still currently made in Canada and USA.

 Thank you very much,

 YOUR NAME & ADDRESS

Écrire à l’actionnaire Ce sont eux-elles qui décident de la fin de milliers d’emplois, alors même qu’une compagnie est rentable.

Il faut bien comprendre la mentalité de l’actionnaire. C’est un stressé qui craint toujours que la valeur de ses actions baisse. Donc,  quand une compagnie fait des profits nets de 10 % alors que le PDG avait annoncé 11 %, l'actionnaire exige une restructuration immédiate avec mise à pied massives. Évidemment, les très gros dirigeants ne liront pas vos lettres, mais il n’y a pas qu’eux. Il y a les employés, de futurs actionnaires, les familles… À force de leur faire part (toujours poliment) de vos préoccupations, elles finiront par s'enraciner dans les esprits.

Devenez actionnaire!  Pourquoi pas? C’est ce que vous faites quand vous prenez un REER, sauf que ce sont d’autres qui gèrent les fonds et il n’est pas facile de suivre ce qui se fait avec. Choisissez des fonds "éthiques".

Choisissez votre compagnie. Achetez deux, trois actions, selon vos moyens. Elles coûtent de 10 à 30 $. Considérez cet argent comme perdu, ou investi.  Cela vous permettra de participer et de prendre la parole à l’assemblée annuelle des actionnaires. Vous serez moins stressés par la valeur de vos trois actions et plus attaché à long terme par l’avenir de la compagnie et des employés. Individuellement, un petit actionnaire n’a pas un gros pouvoir. Mais en groupe… C’est le principe du Fonds de Solidarité FTQ, plusieurs milliards investis dans des entreprises québécoises.

Prenez votre place là où ça compte. Ce n’est pas en votant à tous les quatre ans puis en vous rasseyant devant la TV que vous ferez avancer la démocratie. Paradoxalement, marcher dans la rue avec des pancartes, sans rien changer à vos habitudes de vie, n’aide pas plus. Il faut investir les lieux de pouvoir, y prendre la parole. Bonne nouvelle, ils sont plus nombreux que vous le croyez… Qui d’entre vous est allé à une assemblée de sa Caisse Pop? Il s’y prend pourtant des décisions qui vous affecteront. À peine une vingtaine des membres s’y présentent.

Idem pour les conseils municipaux, les séances de consultation publique (même si vous avez l’impression de ne pas être pris au sérieux). Si vous n’y allez pas quand le sujet vous tient à cœur, qui ira?

Le bénévolat, en plus de permettre d’agir concrètement pour le mieux-être de vos semblables, l’occasion d’apprendre et de rencontrer des gens qui partagent vos préoccupations. Impliquez-vous dans un mouvement de citoyens. Écrivez aux journaux.

Impliquez-vous en politique L’étape ultime. C’est vrai que le vie politique et les apparences, l’image, sont des contraintes. La raison pour laquelle les politiciens paraissent pourris, c’est que la plupart des gens fins, cultivés, honnêtes, qui pourraient faire une meilleur job que Jean Chrétien, n’ont pas le goût d’y aller… Alors on a des Jean Chrétien et groupes d’affinités. Les rares politiciens qui essaient de faire avancer les choses finissent par se sentir seuls et par repartir (ou par se brûler complètement).

Pensez-y.  Le mot politique vient du grec Polytikos - de polis - cité, ville. (Larousse : adjectif : relatif à l’organisation du pouvoir dans un état, à son exercice). Les affaires de la cité concernent tout le monde.

Le privé est politique. La politique influence fortement notre vie, mais l’inverse est aussi vrai. Chacun de nos actes influence la vie sociale et politique. Nous avons deux choix : " laisser faire " les capitaux ou bâtir nous-mêmes l’avenir.

© Michèle Laframboise 2001

 

Lettre envoyée à un grand magasin (anglais)

Montreal, January 12th , 2002

 

The Bay

Buying Office

401 Bay Street

Toronto, Ontario

M5H 2Y4

 

Dear madam/Sir,

Last year, I bought at my La Baie department stores a very fine Alfred Dunner suit. The fairly high price led me to think that I was buying quality stuff made in aceptable working conditions. Afterwards, I noticed that those garments were made in an Asian developing country (Thailand).

The relocation of garment factories in Third-world countries, where the current salaries are much lower than in Canada, does concern me as a consumer. I was shocked to hear about some garment companies subcontracting to shops where there is no control of the working conditions & salaries of the (mostly) women and young girls employed. Reports couvert abuse and extra-long hours for inexistant wages, managers subtracting high lodging/meals costs, falsifying salary reports, leaving women with almost nothing to show for their work. There is also the case of some US protectorates (Samoa Islands, for instance) where women are keeped in almost-slavery conditions, without any means of returning home.

As a consumer, I can no longer endorse those practices.

So I wrote to Alfred Dunner inc. a polite letter kindly explaining my concerns and asking if they have an Ethic code of conduct, and if they did something to enforce it (COPY ENCLOSED). It was sent by mail to their NY headquarters and by email at their internet adress. Their server delivered the habitual automatic response, assuring me that the staff at Alfred Dunner would answer any question.

After nearly a year, I still got no response, whether in paper or email. Moreover, when I sent another email to make sure they did receive my questions, I found out that my current alias name had been barred from their server, so my email bounced back! (I ascertained that fact by writing them under my other alias, which received their automatic response, then was also removed from their list.) Since then, no change.

I do not infer that AD has or has not any ethical buying politics or "Code of conduct". But I am very annoyed that my questions could be so easily swiped under the rug. So I decided to write to La Bay hoping that, as a purchaser of AD garments, you could ask them those very same questions and get me a straight answer.

Of course, AD is not the only garment supplier having its products made in Third-World countries selled at your department stores. So, in order to alleviate my concerns, I formally ask the La Bay head office to tell me:

— Has the The Hudson Bay Co developed a buying policy, ensuring that all suppliers respect an Ethic Code concerning the overall working conditions (hours, living wage, hygiene, social rights...) in the factories producing their garments ?

— Does The Hudson Bay Co. ensures that all its suppliers have an independently controlled monitoring auditing body to ascertain the compliance of their subcontracting factories to their Ethic Code?

— Should I carry on buying third-world country-made garments and accessories at the The Bay (La Baie) department stores?

Thank you very much for a prompt answer. You understand that, meanwhile, I only buy Canada-made products in your stores.

  

Michèle Laframboise

Concerned Consumer